MONNAIE VS OR

6 juillet 2026

Par Delphine HEYER

La monnaie : définition

La monnaie est un outil créé pour faciliter les échanges. Sans elle, il faudrait pratiquer le troc comme échanger directement un bien contre un autre, ce qui est souvent compliqué.

De façon globale, la monnaie remplit trois grandes fonctions :

  • Un moyen d’échange: elle permet d’acheter et de vendre des biens et des services sans avoir à trouver quelqu’un qui veut exactement ce que vous proposez.
  • Une unité de compte: elle sert à mesurer la valeur des choses. Par exemple, une baguette vaut 1,20 €, une voiture 25 000 €. Cela permet de comparer les prix.
  • Une réserve de valeur: on peut conserver de la monnaie aujourd’hui pour acheter quelque chose plus tard. Cette fonction dépend toutefois de l’inflation : si les prix augmentent, la monnaie perd une partie de son pouvoir d’achat.

La monnaie peut prendre différentes formes :

  • les pièces et les billetsmonnaie fiduciaire
  • l’argent sur un compte bancaire – monnaie scripturale – qui représente aujourd’hui l’immense majorité de la monnaie en circulation ;
  • plus récemment, certaines personnes utilisent aussi des cryptomonnaies, mais elles ne sont généralement pas considérées comme de la monnaie officielle.

D’un point de vue plus fondamental, la monnaie n’a de valeur que parce que nous lui faisons confiance.

Un billet de 20 € coûte très peu à fabriquer, mais tout le monde l’accepte car chacun sait qu’il pourra ensuite l’utiliser pour payer quelqu’un d’autre.

En résumé, la monnaie est une convention sociale : c’est un instrument reconnu par une société pour représenter la valeur, faciliter les échanges et permettre de conserver du pouvoir d’achat dans le temps. Sans cette confiance collective, elle perdrait sa fonction.

Une monnaie, peut-elle perdre de sa valeur?

L’histoire montre que toutes les monnaies peuvent perdre leur valeur. Cela peut prendre quelques mois ou plusieurs décennies.

Voici quelques exemples célèbres :

  • Allemagne (1923) : l’hyperinflation est devenue telle qu’il fallait des brouettes de billets pour acheter une miche de pain. Les prix pouvaient doubler en quelques heures. Les épargnants ont été ruinés.
  • Zimbabwe (années 2000) : la banque centrale a imprimé massivement de la monnaie. L’inflation a atteint des niveaux inimaginables, avec des billets de 100 000 milliards de dollars zimbabwéens qui ne permettaient parfois même pas d’acheter un repas.
  • Venezuela (à partir de 2016) : la forte création monétaire, combinée à l’effondrement de l’économie, a provoqué une hyperinflation. La population s’est tournée vers le dollar américain ou le troc.
  • Hongrie (1946) : c’est l’une des plus fortes hyperinflations jamais enregistrées. La monnaie perdait une grande partie de sa valeur d’un jour à l’autre.

Et aujourd’hui, où en sont le dollar et l’euro ?

Nous sommes très loin d’une hyperinflation comparable à ces exemples. En revanche, plusieurs tendances méritent d’être surveillées!

Le dollar américain reste la première monnaie mondiale. C’est celle qui est la plus utilisée pour le commerce international, les réserves des banques centrales et les marchés financiers. Toutefois, son poids diminue lentement, en raison notamment de la dette américaine, des tensions géopolitiques et de la volonté de certains pays de diversifier leurs réserves. Cette évolution reste progressive et ne ressemble pas à un effondrement.

L’euro est la deuxième monnaie internationale. Son rôle s’est légèrement renforcé récemment, notamment sur les marchés obligataires internationaux, mais il reste loin derrière le dollar.

Et l’or dans tout ça ?

C’est un point qui nous intéresse particulièrement!

Quand la confiance dans les monnaies diminue, les banques centrales et les investisseurs cherchent souvent des actifs qui ne dépendent pas de la promesse d’un État. L’or en fait partie. D’ailleurs, ces dernières années, les banques centrales ont acheté des quantités record d’or, et celui-ci représente désormais une part très importante des réserves mondiales, parfois supérieure à celle de l’euro selon certaines mesures.

Le dollar n’est pas en train de s’effondrer, mais sa domination s’érode lentement. L’euro gagne un peu de terrain, sans être en mesure de remplacer le dollar à court terme et l’or retrouve une place centrale comme valeur de réserve, car il n’est la dette d’aucun État.

On peut voir le système actuel comme une érosion progressive de la confiance, plutôt qu’un effondrement brutal des monnaies occidentales. C’est précisément dans ce type de contexte que l’or tend historiquement à être recherché.

Contrairement à un billet de banque, l’or n’est la dette de personne. Il ne dépend pas de la promesse d’un État ou d’une banque centrale. Depuis plus de 5 000 ans, presque toutes les civilisations lui reconnaissent une valeur.

Pour que l’or ne vaille plus rien, il faudrait que le monde entier cesse de le considérer comme précieux, ce qui serait un changement historique sans précédent.

Pour conclure

Les niveaux élevés de dette publique, les déficits budgétaires et les politiques monétaires des dernières décennies alimentent les inquiétudes de certains investisseurs sur leur pouvoir d’achat à long terme.

C’est pourquoi beaucoup choisissent de diversifier leur patrimoine plutôt que de tout détenir dans une seule devise. Pour de plus en plus d’investisseurs, cela passe par l’or.

La confiance est le fondement de toute monnaie. Lorsqu’elle s’érode durablement, les sociétés finissent par réformer, remplacer ou abandonner leur système monétaire.

L’or, lui, a traversé ces changements depuis des millénaires, ce qui explique qu’il continue d’occuper une place particulière comme réserve de valeur.

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